Genre musical · Ghana · Nigeria
Le highlife
Le highlife est une famille de musiques populaires née au Ghana au début du XXe siècle, mêlant rythmes et mélodies locales aux influences des fanfares, du jazz, des Caraïbes et de l'Amérique latine. Des chefs d'orchestre comme E.T. Mensah, « le roi du highlife », l'ont diffusé dans toute l'Afrique de l'Ouest à partir des années 1950, et il est l'ancêtre direct de l'afrobeat comme des afrobeats.
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D'où vient le nom
Dans les villes côtières de la Gold Coast, nom du Ghana sous domination britannique, des musiciens locaux mêlent rythmes akan et fanti à la musique des fanfares, aux guitares des marins, aux cantiques puis, plus tard, au jazz et au calypso caribéen. Dans les années 1920, des orchestres jouent cette musique pour un public d'élite dans des clubs fermés ; ceux qui restent dehors, qui l'entendent sans pouvoir se payer l'entrée, l'appellent la musique de la « high life ». Le nom reste attaché au son.
Le highlife d'orchestre
La forme grand orchestre se fixe dans les années 1940 et 1950. Sa figure majeure est E.T. Mensah (1919–1996), trompettiste et saxophoniste dont le groupe, les Tempos, ajoute des rythmes cubains et latins et une section de cuivres d'inspiration swing. En 1951, les Tempos partent en tournée au Nigeria, et le highlife devient la musique de danse dominante de l'Afrique de l'Ouest des indépendances. Mensah reste dans les mémoires comme le roi du highlife.
Au Nigeria, des chefs d'orchestre comme Victor Olaiya et Rex Lawson créent leurs propres versions, et dans l'est Osita Osadebe développe un highlife long et détendu, populaire pendant des décennies.
Guitares et palm-wine
À côté des grands orchestres existe une tradition plus intime : une musique de guitare associée aux bars à vin de palme, jouée à la guitare acoustique, à la voix et aux percussions légères. Le guitariste ghanéen Koo Nimo en est devenu le représentant moderne le plus célèbre. Des groupes de guitare comme les African Brothers de Nana Ampadu électrifient ce son à partir des années 1960.
Burger-highlife et hiplife
Dans les années 1980, des musiciens ghanéens installés en Allemagne — d'où « burger », de Hambourg — créent le burger-highlife, avec synthétiseurs et boîtes à rythmes ; George Darko en est l'une des vedettes. Dans les années 1990, Reggie Rockstone et d'autres mêlent highlife et rap pour créer le hiplife, passerelle vers la pop ghanéenne actuelle.
Pourquoi il compte
Presque tous les styles pop ouest-africains ultérieurs s'appuient sur le highlife. Fela Kuti a commencé comme musicien de highlife avant de créer l'afrobeat, et les lignes mélodiques de guitare et de cuivres du highlife s'entendent dans les afrobeats. Son mélange de rythmes locaux et caribéens fait écho à la rumba congolaise, née à la même époque en Afrique centrale.
Pour un artiste ghanéen dont l'œuvre évoque les motifs des textiles ouest-africains, voir El Anatsui, ainsi que le kente, l'étoffe tissée du Ghana.
