Mouvement artistique · Nigeria
L'école d'Oshogbo (Osogbo)
L'école d'Oshogbo (ou Osogbo) désigne un groupe d'artistes nigérians issus d'ateliers expérimentaux organisés entre 1962 et 1966 au club Mbari Mbayo d'Osogbo, une ville yoruba du sud-ouest du Nigeria. Pour la plupart sans formation artistique, ils ont puisé dans la mythologie et le théâtre yoruba et ont acquis une renommée internationale — parmi eux Twins Seven-Seven, Jimoh Buraimoh, Muraina Oyelami et Nike Okundaye.
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Un club à Osogbo
En 1962, un club nommé Mbari Mbayo ouvre à Osogbo, ville yoruba connue pour le bois sacré de la déesse du fleuve Osun. C'est un lieu de rencontre pour le théâtre, la musique et les arts visuels, créé avec le dramaturge Duro Ladipo et l'universitaire allemand Ulli Beier, qui avait déjà animé des clubs Mbari semblables à Ibadan.
Entre 1962 et 1966, le club accueille une série de courts ateliers animés par des artistes de passage, notamment l'artiste britannique Georgina Beier. Les participants — souvent des acteurs de la troupe de Ladipo ou des jeunes de la ville — reçoivent du matériel, un espace et des encouragements, mais aucun enseignement académique.
Ce qui en est sorti
Les ateliers ont révélé des artistes aux styles très personnels, qui puisent tous dans les récits, les divinités, les fêtes et la vie quotidienne yoruba :
- Twins Seven-Seven, arrivé au club en 1963, devenu l'un des peintres les plus connus du Nigeria avec ses images foisonnantes d'esprits et de mythes ;
- Jimoh Buraimoh, qui a mis au point une peinture en perles, adaptée du perlage yoruba ;
- Muraina Oyelami, peintre et aussi tambourinaire réputé ;
- Rufus Ogundele, Jacob Afolabi et Adebisi Fabunmi, peintres et graveurs ;
- Nike Okundaye (Nike Davies-Okundaye), devenue une grande artiste textile et fondatrice de centres d'art et de galeries à Osogbo, Lagos et ailleurs.
Susanne Wenger et le bois sacré
L'artiste autrichienne Susanne Wenger, installée à Osogbo et devenue prêtresse yoruba, a travaillé avec des artistes locaux pour restaurer le bois sacré d'Osun et le peupler de sculptures et de sanctuaires monumentaux. Grâce en grande partie à ses efforts, le bois est classé monument national en 1965. En 2005, le bois sacré d'Osun-Osogbo est inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO.
Une autre voie vers l'art moderne
Les artistes d'Oshogbo sont souvent opposés à la Zaria Art Society, formée à l'université. Les deux cherchaient un art nigérian moderne ; Zaria y est parvenue par la théorie et l'académie, Oshogbo par les ateliers et le spectacle. Ce mélange de musique, de théâtre et de peinture appartient au même monde créatif nigérian que l'afrobeat. Pour un autre mouvement urbain d'autodidactes, voir la peinture populaire congolaise.