Photographe et cinéaste · Égypte
Youssef Nabil
Youssef Nabil (né en 1972) est un photographe et cinéaste égyptien qui colorie à la main ses tirages noir et blanc, à la manière des portraits de studio et des affiches de cinéma de l'Égypte du milieu du XXe siècle. Ses portraits de stars, d'artistes et d'amis, et ses autoportraits, parlent de mémoire, d'exil, de désir et d'un cinéma égyptien disparu.
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Youssef Nabil est né au Caire en 1972 et a grandi en regardant les mélodrames en noir et blanc de l'âge d'or du cinéma égyptien. Jeune photographe, il a assisté les photographes de mode David LaChapelle à New York (1993-1994, selon une biographie) et Mario Testino (1997-1998, à New York puis à Paris), avant de mettre au point sa propre technique. Sa première exposition personnelle a eu lieu au Caire en 1999, et en 2001 l'artiste britannique Tracey Emin y a vu son travail et l'a aidé à se faire connaître plus largement.
Il photographie en noir et blanc puis colorie chaque tirage à la main, comme le faisaient autrefois les retoucheurs de studio et les peintres d'affiches du Caire. Le résultat est doux, lumineux et légèrement irréel, plus proche d'un photogramme de film que d'un instantané. Il a photographié des acteurs, des chanteurs et des artistes d'Égypte et du monde entier, et réalisé de nombreux autoportraits où il apparaît, souvent le visage détourné, dans des paysages et des pièces loin de l'Égypte.
Il a aussi réalisé des courts métrages. You Never Left (2010), son premier, dure environ huit minutes avec Fanny Ardant et Tahar Rahim et se déroule dans un lieu allégorique qui figure une Égypte perdue ; I Saved My Belly Dancer (2015), qui selon une source a pour vedettes Salma Hayek et Tahar Rahim, est lié à la liberté des femmes de choisir la danse du ventre. Nabil s'est installé à Paris vers 2003 puis à New York en 2006, et une grande partie de son œuvre porte sur la distance entre le pays qu'il a quitté et celui qu'il porte en lui.
Comment regarder un Nabil : prenez la couleur pour sujet. Elle est posée à la main sur un tirage argentique, si bien que chaque image est unique, et elle rappelle les portraits de famille et les affiches de cinéma du Caire des années 1970 et 1980 dont il s'inspire. Demandez-vous ce que la lueur douce enlève et ce qu'elle garde. Cette lecture est celle de ce site.
Où voir l'œuvre
La galerie Nathalie Obadia, Galerist à Istanbul (qui a montré You Never Left), Hatje Cantz et Ocula documentent ses expositions et ses livres, et des maisons de vente proposent les tirages de You Never Left. Renseignez-vous auprès de chacun sur ce qui est exposé. Voir aussi notre liste de photographes africains.

