Musée national · Éthiopie
Musée national d'Éthiopie, Addis-Abeba
Le Musée national d'Éthiopie, près d'Arat Kilo à Addis-Abeba, est surtout connu pour Lucy, le squelette d'Australopithecus afarensis vieux de 3,2 millions d'années, présenté en moulage dans son sous-sol. À l'étage, c'est aussi l'un des rares lieux où voir la peinture éthiopienne en profondeur, des premiers parchemins aux maîtres modernes du XXe siècle.
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De l'institut d'archéologie au musée national
Le musée est issu de l'Institut d'archéologie, fondé en 1958 pour appuyer les missions archéologiques françaises qui travaillaient dans le nord de l'Éthiopie. L'idée d'un musée national naît après 1976, quand le gouvernement crée une administration du patrimoine culturel ; son héritière, l'Autorité éthiopienne du patrimoine, gère aujourd'hui le musée. Le bâtiment se trouve entre Arat Kilo et l'école doctorale de l'université d'Addis-Abeba ; un article de Capital Ethiopia l'a qualifié en 2025 de monument brutaliste, et des projets de nouveau bâtiment pour le musée national ont été évoqués.
Lucy et Selam
Le sous-sol est consacré à l'évolution humaine. Ses vedettes sont Lucy, le squelette partiel d'Australopithecus afarensis découvert dans la région Afar en 1974 et daté d'environ 3,2 millions d'années, et Selam, le squelette d'un jeune enfant de la même espèce, vieux d'environ 3,3 millions d'années. Ce que voient les visiteurs, ce sont des moulages : les fossiles originaux sont conservés en réserve et ont rarement quitté le pays. Lucy a fait une tournée dans des musées des États-Unis de 2007 à 2013, et en 2025 le Musée national de Prague a montré Lucy et Selam pendant deux mois — la première présentation de Lucy en Europe et la première de Selam à l'étranger.
Archéologie et histoire
Sur le pourtour du rez-de-chaussée, l'histoire de l'Éthiopie se déroule de la période pré-aksoumite et du royaume d'Aksoum aux époques salomonide et gondarienne. Lonely Planet distingue une lampe à huile en bronze antérieure au Ier siècle apr. J.-C., ornée d'un chien poursuivant un bouquetin, et un siège taillé dans la roche du IVe siècle av. J.-C., sculpté de bouquetins. Le centre de la salle réunit des objets royaux, dont l'immense trône de bois sculpté de l'empereur Haïlé Sélassié. En 2022, la présidente a inauguré une nouvelle exposition archéologique préparée avec l'ambassade de France, un partenariat qui remonte aux origines du musée.
La peinture éthiopienne
Pour un site consacré à l'art, c'est le premier étage qui justifie la visite. Sa galerie parcourt l'art éthiopien des premiers parchemins — peut-être du XIVe siècle — aux peintures à l'huile sur toile des grands artistes modernes du XXe siècle. Les guides distinguent Afewerk Tekle, le peintre moderne le plus connu d'Éthiopie, dont la grande toile African Heritage est accrochée ici, et une peinture de la rencontre de Salomon et de la reine de Saba, l'histoire dont les rois d'Éthiopie se disaient les descendants. Le deuxième étage présente l'artisanat : armes, bijoux, ustensiles, vêtements et instruments de musique. Pour les modernes qui ont fait carrière à l'étranger, comme Skunder Boghossian, voir leurs portraits.
Visiter
Le musée est près d'Arat Kilo, non loin du campus principal de l'université à Sidist Kilo, où le Musée ethnologique, distinct, occupe l'ancien palais de Haïlé Sélassié. Vérifiez les horaires sur place. Pour la région, voir l'art d'Afrique de l'Est.

